Grands dossiers

Gestion des risques

Plusieurs études démontrent que la volatilité des marchés agricoles est en croissance depuis le début des années 2000, et ce, à cause de facteurs que les entreprises individuelles ne peuvent ni prévoir, ni prévenir, ni contrôler, ni contrebalancer, comme :

  • La globalisation des marchés, qui augmente la volatilité des prix ;
  • Les changements climatiques, qui augmentent la fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes ;
  • Les considérations de biosécurité, qui ont pris une grande importance, accroissant les risques d’une fermeture des frontières ou d’autres débouchés.

Il est impératif de créer un filet de sécurité du revenu offrant aux entreprises agricoles un soutien suffisant, prévisible et concurrentiel. Pour poursuivre leurs opérations, s’adapter aux changements, innover et être compétitives, celles-ci ont en effet besoin d’une base stable sur laquelle s’appuyer ; elles doivent aussi avoir accès à des programmes de gestion des risques des entreprises (GRE) efficaces et fiables. Ces outils financiers représentent pour les gouvernements un investissement stratégique dans l’économie.

 

Environnement

 

Les préoccupations sociales et environnementales occupent une place de plus en plus importante dans les choix faits par les consommateurs, et la responsabilité sociale des entreprises est devenue un préalable pour la majorité des Canadiens, qui s’attendent désormais à ce qu’elles adoptent des normes élevées en matière d’éthique et de respect de l’environnement.

Dans ses façons de produire, l’agriculture doit aussi répondre aux nouvelles demandes sociétales en termes de salubrité, de protection de l’environnement et de développement durable.

À cet effet, l’APMQ participe actuellement au développement d’un cahier de charge en développement durable pour les producteurs de fruits et de légumes.

De plus, l’APMQ appuie les démarches du secteur de la production de fruits et de légumes biologiques. Les productions biologique et traditionnelle sont complémentaires, et chacune peut aider l’autre à progresser et à se tailler une place dans le marché très prometteur des fruits et des légumes au Québec.

 

Commercialisation

 

Un producteur maraîcher a le choix entre une demi-douzaine de canaux de commercialisation, et même davantage. Les circuits longs impliquent un ou plusieurs intermédiaires entre le producteur et le consommateur. On y retrouve les commerces de détail (épiceries et fruiteries), le Marché central, les grossistes, les emballeurs, les courtiers et le HRI (Hôtellerie, Restauration et Institutions). Dans le cas des circuits courts, les intermédiaires sont moins nombreux, voire absents : marchés publics, kiosques à la ferme et autocueillette sont parmi les options qui s’offrent aux producteurs maraîchers.

Du côté des circuits longs de commercialisation, on dénombre plus de 2 000 commerces de détail vendant des fruits et des légumes, indépendants ou exploités en chaîne, répartis dans trois principales catégories de commerce : épiceries, supermarchés et fruiteries. Au Québec, les grandes chaînes d’alimentation agissent comme grossistes-distributeurs corporatifs pour leurs magasins de détail ainsi que pour le secteur HRI. Ainsi, les principaux acteurs du commerce de gros au Québec sont les mêmes que pour le commerce de détail.

Du côté des circuits courts de commercialisation, la provenance locale des fruits et des légumes frais est à la base de la rencontre entre le producteur maraîcher et le consommateur. C’est dans ce type de distribution que le producteur maraîcher se rapproche au plus près du consommateur. En contrepartie, ces modes d’écoulement demandent une implication beaucoup plus importante de la part du producteur maraîcher, qui doit non seulement veiller à la production de ses fruits ou légumes, mais aussi assumer les fonctions reliées à la mise en marché et à la promotion de son produit.

Information des marchés

L’environnement d’affaires dans lequel évolue le secteur horticole est caractérisé par un marché ouvert sur l’ensemble de la zone nord-américaine. L’information sur les marché est hautement stratégique, tant pour les producteurs que pour les grossistes. En augmentant la prévisibilité, elle permet de prendre des décisions d’affaires plus éclairées. La forte variabilité des prix qui caractérise le secteur maraîcher rend nécessaire la mise en place de mécanismes donnant une lecture plus juste du marché.

Les travaux de l’APMQ et des intervenants portent sur l’estimation du niveau du prix local à partir des divers marchés de référence (valeur de substitution) ainsi que sur l’anticipation ou la prévisibilité de ce prix. L’industrie constate que les changements climatiques entraînent de fortes perturbations ponctuelles dans l’offre et que, par conséquent, les variations de prix sont plus importantes.

Pour ces raisons, l’APMQ élabore des outils permettant d’accroître la prévisibilité et la transparence du prix des produits au Québec. 

 

Recherche et développement

 

Les investissements publics en recherche et développement (R et D) dans le secteur agricole et agroalimentaire représentent une source cruciale pour l’innovation et l’amélioration de la productivité. Pour s’adapter aux changements de leur environnement d’affaires, anticiper les tendances de consommation, tirer avantage des nouveaux marchés et s’ajuster à la réglementation, les entreprises agricoles doivent constamment innover afin de demeurer compétitives. La R et D prend encore plus d’importance dans un secteur tel que l’horticulture puisque les cycles de production courts accélèrent l’arrivée sur le marché de nouveaux produits répondant aux tendances de consommation tant par leur qualité intrinsèque que par la façon de les produire et de les commercialiser.

L’innovation permet aussi le développement et la mise en place de méthodes culturales plus saines pour l’environnement, notamment grâce à la disponibilité de nouveaux intrants qui diminuent les risques environnementaux.

Perspective de croissance

Le secteur horticole est très concurrentiel en termes de connaissances, de savoir-faire et d’avantages naturels (sols, eaux, énergie, etc.). Il peut remplacer en partie la Californie à titre de bol de fruits et de légumes de l’Amérique du Nord. En effet, depuis plusieurs années, le Golden State est aux prises avec de très graves problèmes de sècheresse dus aux changements climatiques, si bien que de nombreuses entreprises américaines cherchent de nouvelles sources d’approvisionnement.

Les perspectives de croissance des exportations de fruits et de légumes frais et transformés dans les États à l’est du Mississippi sont réelles. L’USDA prévoit que l’écart entre la demande et l’offre intérieure ne cessera de s’accroître, notamment en raison de la croissance démographique et des changements des habitudes de consommation. Ainsi, la proportion de la consommation américaine comblée par les importations pour des produits tels que la tomate, le poivron, le brocoli, l’oignon, la carotte et le chou sont respectivement de 53 %, 58 %, 17 %, 17 %, 14 % et 8 % respectivement. Cette proportion croît annuellement de 0,5 % à 2 %.

De plus, le marché canadien évolue et la demande pour des produits sains et contribuant à de bonnes habitudes de vie augmente. De même, la demande pour des aliments préparés et cuisinés est de plus en plus forte, et le Canada se positionne bien dans ce secteur spécifique, avec des entreprises de premier plan. Enfin, l’industrie de l’horticulture ornementale présente aussi un grand potentiel de développement. L’arrivée à la retraite de la génération des baby-boomers au cours des prochaines années s’annonce très prometteuse pour ce secteur.

 

Phytoprotection

 

L’APMQ encourage l’adoption de pratiques agricoles limitant le recours aux pesticides. Elle est d’avis que l’utilisation des pesticides devrait faire partie d’un programme de lutte antiparasitaire prévoyant des mesures de prévention des ravageurs, l’utilisation de la plus faible quantité de pesticides possible ainsi que le recours à des solutions alternatives plus sécuritaire pour l’homme et l’environnement, le cas échéant.

L’APMQ croit également qu’il importe de maintenir un équilibre entre les mesures visant à réduire l’utilisation de pesticides en agriculture et la nécessité de préserver :

  • La sécurité alimentaire – la salubrité, la qualité, la disponibilité et le coût des aliments ;
  • La santé des agriculteurs et des consommateurs ;
  • L’environnement ;
  • La stabilité économique du secteur agricole.

L’APMQ appuie toutes les initiatives émanant à la fois du domaine public et du domaine privé visant l’utilisation rationnelle de pesticides. Elle appuie :

  • La Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture du gouvernement du Québec, qui encourage le développement et l’implantation de la lutte intégrée ;
  • Le Pôle d’excellence en lutte intégrée, lieu de maillage et de concertation pour favoriser l’émergence des méthodes de lutte intégrée adaptées aux producteurs maraîchers ;
  • Tous les projets de recherche et de transfert technologique visant l’utilisation rationnelle de pesticides.